L’éditeur Abdelkader Retnani menace Éric Zemmour de poursuites judiciaires pour «contrefaçon»

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Le fondateur et directeur de la maison d’édition La Croisée des chemins s’indigne de voir le nom de sa société repris par l’essayiste pour son site internet.

Le fondateur et directeur des éditions marocaines La Croisée des chemins, Abdelkader Retnani, ne décolère pas depuis qu’Éric Zemmour a baptisé du même nom son site internet. Des poursuites au civil vont être engagées contre l’essayiste pour «utilisation frauduleuse d’une marque», explique au Figaro Hubert Seillan, l’avocat de l’éditeur marocain, confirmant une information d’ActuaLitté.

L’affaire remonte aux difficultés d’Éric Zemmour pour faire paraître La France n’a pas dit son dernier mot. Sans éditeur après le refus d’Albin Michel de publier son livre, l’essayiste choisit de s’autopublier via sa propre société, Rubempré. Pour assurer la distribution de l’ouvrage et signaler les séances de dédicace, une plateforme web est également montée, nommée Croisée des chemins.

Ce Zemmour qui dit pis que pendre des Maghrébins et du Maghreb. Il porte atteinte à l’honorabilité de cette maison qui a édité beaucoup de livres, notamment sur les droits de la femme au Maroc ou au Magreb, ou encore sur la liberté religieuse.

Me Hubert Seillan, avocat d’Abdelkader Retnani

Sauf que le nom est celui d’une société d’édition fondée en 1980 à Casablanca. Laquelle prône des valeurs se voulant diamétralement opposées à celles du polémiste. «La maison d’édition casablancaise La Croisée des Chemins existe depuis quarante années déjà et [sa] ligne éditoriale repose sur le vivre ensemble, la tolérance», explique Abdelkader Retnani dans un entretien accordé au quotidien francophone marocain L’Opinion . Sans accuser Éric Zemmour d’avoir sciemment repris le patronyme litigieux, l’éditeur explique ne pas vouloir «que le nom de la maison d’édition soit lié à une personne qui veut faire expulser tous les musulmans et arabes». Via son avocat, Hubert Seillan, Abdelkader Retnani a adressé le 28 septembre un courrier à l’essayiste, le sommant de «cesser cette utilisation» considérée comme abusive.

«L’ancienneté des éditions La Croisée des Chemins, la qualité des milliers d’ouvrages diffusés en Europe, en Afrique et dans la francophonie, lui confèrent une notoriété suffisante pour que des confusions s’établissent dans l’esprit du public, stipule la lettre à laquelle Le Figaro a eu accès. Or ses engagements philosophiques sur les thèmes de la liberté religieuse, d’une interprétation contextuelle des Écritures, sur les libertés fondamentales et notamment pour les femmes, sur le “vivre ensemble” et la tolérance, sont si fortement opposés aux vôtres, qu’elle considère que votre choix correspond à une usurpation.» À ce jour, le principal intéressé n’a transmis aucune réponse.

Au Figaro, Hubert Seillan dénonce «le mépris» opposé à son client. «Ce Zemmour qui dit pis que pendre des Maghrébins et du Maghreb. Il porte atteinte à l’honorabilité de cette maison qui a édité beaucoup de livres, notamment sur les droits de la femme au Maroc ou au Magreb, ou encore sur la liberté religieuse. Il s’agit de la plus importe société d’édition du Maroc et elle est profondément engagée sur les valeurs démocratiques.» Le conseil d’Abdelkader Retnani a également indiqué l’intention de son client d’assigner l’ancien journaliste en justice afin d’obtenir le retrait de nom du domaine. Il se désole cependant de la lenteur du temps judiciaire, n’espérant pas obtenir un jugement avant six mois. Contacté, Olivier Prado, avocat d’Éric Zemmour, n’a pour l’instant pas donné suite à nos demandes d’entretien.

LeFigaro

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